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09 Fév. 2021

En juillet 2020, la Fédération EBEN, en partenariat avec Malakoff Humanis, a lancé une enquête auprès de ses membres sur la santé des dirigeants. Loïc MIGNOTTE, Président de la Fédération, nous explique les raisons de cette démarche.

• Lorsque nous avons échangé début 2020 sur notre partenariat, vous avez tout de suite accepté de lancer auprès des adhérents d’EBEN l’enquête santé du dirigeant que nous proposons aux organisations patronales partenaires du groupe. Nous sortions de la grève des transports en commun, des manifestations des gilets jaunes mais jamais nous n’aurions imaginé la crise sanitaire que nous vivons depuis mars et ses conséquences économiques et sociales. Pourquoi cet intérêt ?

Loïc MIGNOTTE : La Fédération EBEN rassemble les entreprises de distribution de solutions et équipements pour l’environnement de travail. Notre plan stratégique s’articule autour de la thématique du « Bureau de demain » or, le bien-être et la santé sont devenus un véritable enjeu du bureau de demain. Si nous évoquons souvent la santé des collaborateurs, celle des dirigeants est en revanche rarement abordée. Pourtant, ils sont soumis à de nombreux facteurs de risque (stress, incertitude du lendemain, surcharge de travail, solitude, isolement, …) que la crise a d’ailleurs accentués. Dans une PME, le dirigeant est bien souvent la clé de la réussite et de la pérennité. Dès lors, un pépin de santé peut impacter, fragiliser voire même mettre en danger l’entreprise. C’est la raison pour laquelle nous avons adhéré tout de suite à l’idée de sonder nos adhérents sur leur santé afin de détecter les difficultés auxquelles ils sont confrontés et nous permettre de mieux cibler les solutions que nous pouvons mettre en place.

• 92 % des dirigeants qui ont participé à l’enquête dirigent des entreprises de moins de 50 salariés. Leur exigence de performance et d’exemplarité liée à la fonction de dirigeant est très forte, même supérieure à celle déclarée par des dirigeants d’autres secteurs privés que nous avons interrogés. Pourquoi selon vous ?

Loïc MIGNOTTE : Comme vous l’indiquez, EBEN rassemble essentiellement des TPE – PME. Dans ces petites structures, le dirigeant est au cœur de l’entreprise puisqu’il en a souvent été le point de départ et que tout s’est construit autour de lui. Ainsi, il démarche les clients, négocie avec les fournisseurs, gère la comptabilité avec son expert-comptable, s’occupe des recrutements, … Ce qui le caractérise, c’est aussi la proximité au quotidien avec ses salariés. Il se doit donc d’être exemplaire pour asseoir sa légitimité et ce d’autant plus dans un environnement incertain et instable. Pour susciter l’adhésion, installer la confiance et mobiliser ses équipes, il doit donner l’exemple et garder le cap sur son projet d’entreprise.

• Ce niveau d’exigence a des conséquences :
– sur le niveau de stress, accentué avec la crise sanitaire,
– sur la difficile déconnexion, y compris pour s’octroyer du temps rien que pour soi.
Lorsque l’on pose la question aux dirigeants s’ils pensent pouvoir continuer à ce rythme dans les 10 ans à venir, 69 % des répondants ne le pensent pas. En tant que Président d’EBEN mais aussi chef d’entreprise, quelles sont les actions qu’EBEN pourraient mettre en place pour aider les dirigeants ?

Loïc MIGNOTTE : En premier lieu, la Fédération met à disposition de ses adhérents de nombreuses ressources (outils juridiques, avis d’experts, catalogue formation, etc.) pour les épauler et les accompagner au quotidien dans leur activité. Par exemple, pendant cette crise, nos juristes ont analysé et décortiqué toute l’actualité juridique et ont ainsi pu conseiller nos 2 300 adhérents sur les mesures exceptionnelles mises en place par le gouvernement. De plus, nous avons organisé plus d’une dizaine de webinaires tout au long de l’année afin de les éclairer sur les opportunités et les possibilités de rebond. EBEN soulage donc le dirigeant de nombre de recherches règlementaires et aide le dirigeant dans sa réflexion.

EBEN est ensuite un lieu d’échanges et de rencontres entre dirigeants de la même branche, confrontés aux mêmes défis. Les dirigeants apprécient de pouvoir confronter les avis et les expériences avec leurs pairs. Les discussions sont d’ailleurs d’autant plus libres que ces dirigeants ne sont souvent pas concurrents, n’opérant pas sur les mêmes zones géographiques.

Nous faisons par ailleurs de la pédagogie auprès de nos adhérents et tentons de leur faire comprendre qu’un dirigeant ne peut pas tout gérer tout le temps dans son entreprise. Il doit savoir déléguer et prendre du temps pour lui afin de récupérer, recharger ses batteries et gérer la croissance avec plus de sérénité.

• Pensez-vous qu’accepter de déléguer davantage puisse être une solution pour prendre un peu de recul pour soi ?
Et quoi d’autre ?

Loïc MIGNOTTE : Savoir déléguer est le seul moyen de faire grandir son entreprise au-delà du stade de la TPE. Le dirigeant omniscient se condamne à rester une toute petite entreprise. Au-delà, il lui faudra s’entourer de collaborateurs si possible plus compétents que lui chacun dans leurs domaines. Déléguer est l’une des clés du management et de la réussite. Bien souvent, le créateur d’entreprise a du mal à lâcher prise et veut tout contrôler, or c’est une erreur. Ne pas déléguer suffisamment limite le développement et peut affaiblir une entreprise. Il est en effet nécessaire de définir un cadre général et un mode de fonctionnement permettant de répartir le pouvoir et les responsabilités du dirigeant entre les collaborateurs. Cette organisation va permettre de libérer du temps au dirigeant qui pourra s’ouvrir vers l’extérieur, aller chercher de l’information, élargir son réseau et prendre du recul sur les orientations stratégiques de sa société.

Déléguer permet également de responsabiliser et mieux impliquer les collaborateurs de l’entreprise, de mettre à profit la créativité et les compétences de chacun.

Le dirigeant doit donc changer de posture : ne plus être un commandant directif mais un capitaine qui anime ses équipes. Il doit créer un contexte favorable permettant à son équipe d’évoluer sereinement et en toute responsabilité vers plus d’autonomie.

• Quels conseils donneriez-vous à un repreneur ou à un créateur d’entreprise dans vos secteurs d’activité ?

Loïc MIGNOTTE : Le premier conseil que je pourrais leur donner est d’accepter l’incertitude et d’être attentifs aux changements. Le contexte (social, sanitaire, …) est mouvant, le marché (technologies…) évolue très vite, les clients aussi. Il est aujourd’hui compliqué de faire des plans à long terme.

Le second est de travailler avec un modèle d’affaire comprenant une part significative de revenus récurrents. C’est un gage absolument essentiel de pérennité de l’entreprise.

Le troisième est de sortir de sa zone de confort. Le dirigeant expert technique par exemple pourra avoir tendance à focaliser sur le produit ou la technologie en délaissant la gestion ou le développement commercial.

Enfin, pour le repreneur, on n‘achète pas une entreprise qui marche pour y faire la révolution. J’ai vu dans de nombreux cas des repreneurs vouloir tout de suite « imprimer leur patte » en changeant dans certains cas le nom d’une entreprise à la forte notoriété, en diversifiant son off re au détriment de la valeur…

Dans tous les cas, je les invite à venir rencontrer leurs confrères et partager leurs réflexions, notamment au travers de leur syndicat professionnel.

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