Regarder en avant et surpasser les crises

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30 Juil. 2020

C’est la philosophie de Sébastien Ardouin, dirigeant de la société Mati-Cob. Il l’a toujours appliquée, ce qui lui a permis de fêter le vingtième anniversaire de son entreprise en 2019. Malgré les différentes crises successives depuis trois ans, Mati-Cob est toujours là et continue de se développer grâce, en partie, à l’optimisme de son dirigeant. Nous nous sommes entretenus avec lui. 

Présentez votre société

Créée en 1999, ma société s’appelle Mati-Cob. Elle a donc eu vingt ans l’année dernière. L’informatique est le secteur historique de l’entreprise, nous n’avons fait que ça pendant dix ans. En 2009, nous sommes allés vers le magasin physique : d’abord le magasin de centre-ville jusqu’à 2015 et puis en zone commerciale depuis. Notre magasin de Jonzac (17) a une superficie de 400m² d’espace de vente et est spécialisé dans la papeterie et la fourniture de bureau pour les entreprises, les particuliers, les scolaires et les administrations. Nous avons également conservé une partie informatique spécialisée dans le dépannage et l’installation de matériel. Nous avons fait partie du réseau Calipage pendant neuf ans puis nous avons rejoint la Codipa. Cette année, j’ai racheté un deuxième magasin sur la ville de Matha (17) qui deviendra une filiale du magasin de Jonzac.

Parlez-nous de votre parcours

Pendant mon cursus en école d’ingénieur à la Rochelle, c’était vraiment les débuts d’Internet et de l’information des TPE-PME. C’est pour cette raison que je me suis installé en tant qu’informaticien, avant la fin de mes études. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai choisi de continuer dans cette voie. J’ai démarré avec un bureau, un hangar avec un atelier… et puis avec le temps, nous sommes passé de zéro à dix salariés.

Comment avez-vous vécu la crise ?

Comme pour à peu près la majorité des entreprises, ça a été très compliqué. D’abord moralement, ce n’est pas simple de devoir fermer l’entreprise alors qu’il y a plusieurs échéances en cours. En plus, au tout début, on ne connaissait pas toutes les mesures que l’Etat allait mettre en place : le report ou la prolongation des prêts entre autres. On ignorait tous comment ça allait se passer. Les quinze premiers jours du confinement ont vraiment été complexes en termes de gestion d’entreprise et de personnel. Puis, ça s’est stabilisé : nous avons la chance que notre PGE ainsi que les reports d’échéances soient acceptés. Ensuite, nous nous sommes référencés sur la plateforme gouvernementale pour la distribution en local d’équipements de protection individuel (masques, gel, gants…). Nous nous sommes également approvisionnés à l’international dans le but de maintenir une activité malgré la chute de fréquentation inhérente au confinement et pallier la pénurie d’EPI. En revanche, en papeterie pure, nous avons fait très peu de chiffre bien que l’on soit resté ouvert pour dépanner les particuliers en télétravail.

Quel est votre ressenti aujourd’hui ?

Aujourd’hui, nous vivons toujours le contrecoup puisque 50% de nos clients sont des professionnels encore nombreux en activité partielle. Et force est de constater que les priorités ne sont pas l’achat d’un nouveau bureau. Ce n’est pas chose aisée de maintenir le chiffre d’affaires mais il est heureusement compensé par la vente de produits de protection. Pour la partie magasin, sa fréquentation a connu un petit regain depuis juin. C’est vraiment le BtoB qui reste compliqué. A cette époque de l’année, nous sommes en pleine rentrée scolaire d’habitude. Mais cette année, les gens n’ont pas la tête à faire leurs courses de rentrée. Nous sommes face à deux cas de figure : soit les clients ne viendront pas du tout mais nous avons déjà reçu le stock, soit les clients viennent tous après le 15 août et le stock ne sera pas assez conséquent face à la demande. Pourtant, nous ne pouvons pas nous permettre de rentrer beaucoup de marchandises dans le cas où c’est le premier cas de figure qui prime…

Quels sont vos projets de développement ?

Nos projets de développement étaient en cours juste avant le confinement avec le rachat d’un deuxième magasin que j’évoquais plus haut et le recrutement d’une seconde commerciale de terrain. Ce développement se fera progressivement car il est d’abord nécessaire d’absorber l’achat du second magasin. Ensuite, nous souhaitons continuer de capitaliser sur ce qui nous différencie auprès de nos clients : nos services en magasin tels que la photocopie, l’impression grand format, le dépannage informatique ou la possibilité de commander de petits volumes qui nous permettent d’accompagner les entreprises locales. Finalement, notre valeur ajoutée ici est la proximité. D’autant plus dans la période actuelle, en post-confinement, où les gens vont, je l’espère, privilégier leurs magasins de proximité.

Quels sont les enjeux du marché aujourd’hui ?

Aujourd’hui, nous sommes dans l’expectative. Les gens sont demandeurs de tout ce qui est services comme nous l’évoquions plus haut. Concernant le marché de l’informatique, il est en baisse depuis des années sauf celui des gros serveurs ou des logiciels de gestion. Chez Mati-Cob, nous continuons à maintenir ce service parce que nous faisons du dépannage. C’est une demande des entreprises mais aussi des particuliers, par exemple sur des profils plus âgés qui peuvent avoir plus de difficultés. Mais aujourd’hui, les marchés en développement sont clairement les productions Covid. En prenant en compte ce qui est annoncé pour l’hiver, nous allons sans doute maintenir une partie du chiffre d’affaires sur ces produits au moins jusqu’à la fin de l’année. Ce qui représente d’ailleurs le seul point positif de cette crise. Enfin, le marché de la papeterie est très concurrentiel. La crise fait que beaucoup de concurrents ont fermé ou sont en grande difficulté. Ces fermetures vont peut-être permettre aux entreprises qui restent de conserver une petite marge bénéficiaire. Même si ça reste très délicat pour les sociétés qui ferment, ce n’est pas que du négatif car ça va également permettre à d’autres de s’ouvrir.

Que vous apporte la Fédération EBEN ?

Je suis un adhérent de la première heure de la Fédération EBEN. Il y a plusieurs années, j’ai rencontré Delphine Cuynet et M. Vidal sur un ITPartners qui m’avaient expliqué le principe de la Fédération. Ça m’avait vraiment plu donc j’avais adhéré ! Au quotidien, le suivi juridique est très important notamment. En effet, quand on pose une question au service juridique, les réponses sont rapides et efficaces. Ce qui constitue un véritable confort à ce niveau. Les points quotidiens pendant la crise nous ont bien servi et ont été essentiels. Adhérer à la Fédération EBEN est vraiment un atout, il n’y a aucun doute là-dessus.

Quelle est votre devise (ou proverbe – phrase préférée) ?

« Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort ». C’est dur à dire et il faut toujours aller de l’avant, sans quoi on stagne mais ça peut aussi être bien pire. Il est nécessaire de toujours regarder devant et se donner les moyens pour surpasser les difficultés.

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