La mixité, première richesse d’une entreprise...

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08 Avril 2021

Après avoir passé près de 20 ans dans un grand groupe, Marie CORNIÈRE rejoint COPY-TOP en 2001. Entre sa position de directrice financière et RH puis celle de directrice générale et sa vie de mère de famille nombreuse, elle a réussi à trouver un équilibre pour concilier ces deux domaines. Elle a accepté de nous en parler plus longuement.

• Quel est votre parcours professionnel ? 

En parallèle de mon diplôme d’expertise comptable, j’ai intégré le groupe Auchan dans lequel j’ai eu différents postes pendant 18 ans. D’abord chef-comptable, contrôleur de gestion, je suis finalement arrivée à des fonctions commerciales comme chef de secteur « produits frais » ; poste qui m’a appris le commerce. Dans ce seul secteur, on trouve des métiers aussi différents que la boulangerie, la pâtisserie, les fruits et légumes, la charcuterie, … Puis, j’ai été directrice financière et ressources humaines dans plusieurs entités du groupe. Pour finir, j’ai rejoint l’équipe des magasins Nouveau Concept parmi lesquelles la Cave d’Auchan et les Halles d’Auchan.

Après ces dix-huit ans, j’ai voulu réorienter ma carrière dans le monde de la PME, dans un secteur plus industriel ayant connu surtout le commerce et les grands groupes jusque-là. À ce moment, ma route croise celle d’Henri BECK, le fondateur de COPY-TOP. Je suis entrée dans l’entreprise en 2001 sur une création de poste de directrice financière et ressources humaines. Mes missions étaient d’accompagner l’entreprise dans sa mutation à l’arrivée de l’impression numérique, la mettre dans une configuration lui permettant de passer cette transformation et repartir en expansion. Pendant une bonne dizaine d’années, j’ai travaillé en tandem avec un directeur général ; ensemble, nous avons doublé la taille de l’entreprise. Au départ du directeur général en 2017, Henri BECK m’a confié la direction de l’entreprise.

Je suis une grande passionnée du monde de l’entreprise. A ce titre, j’accompagne des projets de startups via des investissements réalisés en tant que business angel. J’ai beaucoup d’intérêt pour tout ce qui touche à la gouvernance des entreprises notamment en qualité d’administrateur indépendant. Le monde associatif m’intéresse énormément aussi et surtout les projets dont l’objet est la réinsertion d’hommes et de femmes de la rue.

• Avec votre position, avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme ? 

Je crois énormément en l’individu. Pour moi, la première richesse des individus est la complémentarité, la mixité. Effectivement, le positionnement des femmes dans le monde de l’entreprise est un vrai sujet, sujet que j’ai vécu, et sur lequel j’ai eu personnellement la volonté de porter ma carrière. Dans ce domaine, les choses ont évolué, par exemple, dans les gouvernances des entreprises où l’on voit plus de femmes dirigeantes aujourd’hui. Ce changement s’est fait notamment grâce à l’évolution de la société et de certaines lois ayant permis d’imposer plus de femmes sur des postes de direction. Cela passe également par le caractère de ces femmes qui s’imposent dans le sens positif du terme : elles prennent leur place et il n’y a pas de débat à tenir. Et cela constitue une grande part dans la richesse d’une entreprise, des équipes, des partenaires, de la société. Aujourd’hui, les métiers ne sont plus genrés. Chacun peut tout à fait avoir sa place dans n’importe quel métier.

Mais il ne faut pas oublier le paramètre de la vie familiale et ce, en tant que mère, qu’épouse, que femme… Il y a un vrai équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle à trouver et qui est important. De mon côté, j’ai eu la chance aussi de pouvoir mener ma carrière en équilibre avec ma vie de mère de trois enfants et d’épouse.

Dans toutes carrières, il y a des moments où l’on est obligé de plus s’investir que d’autres. J’ai eu ce relai, et réciproquement, dans ma vie personnelle pour pouvoir assumer à la fois cette partie personnelle et la partie professionnelle de façon équilibrée.

• Pouvez-vous nous présenter COPY-TOP ? 

Depuis quarante-cinq ans, COPY-TOP est spécialisée dans la conception et la réalisation de supports de communication sous toutes ses formes à destination des entreprises. La particularité de l’entreprise est de commercialiser ses prestations de services à travers un réseau de quarante agences commerciales, qui vendent et produisent sur place mais aussi avec le support de production d’un atelier centralisé en région parisienne et d’un studio de création. Celui-ci produit de grosses commandes pouvant nécessiter des machines très spécialisées ou des opérateurs très pointus par exemple. Notre réseau d’agences est complété également par un site internet marchand ainsi qu’un centre d’appels parisien composé de commerciaux et experts métiers. Depuis 1976, l’entreprise s’est adaptée à la transformation du marché, des besoins clients mais également des évolutions technologiques. Nous sommes passé de l’offset traditionnel et de la photocopie à l’impression numérique, aux nouveaux supports de communication comme le grand format, les objets publicitaires ou la décoration…

COPY-TOP a de très fortes valeurs humaines. Nous avons coutume de dire que « Ce que nous voulons pour nos clients, nous le voulons pour nous en interne », on parle ici de la proximité, la qualité et la solidarité. Nos équipes sont passionnées, ingénieuses et proactives. La force de proposition est là. Le fait d’être attachée à l’humain et à ces fortes valeurs, c’est quelque chose qui se cultive en permanence dans une entreprise. Les nouveaux arrivants nous font souvent part de leur étonnement quant aux valeurs humaines et les relations que nous avons entre collaborateurs. C’est important parce que cela se ressent en interne et les clients le ressentent aussi.

• Comment avez-vous vécu la crise ? 

Avant la crise, le chiffre d’affaires de l’entreprise était près de 25 millions d’euros avec 210 collaborateurs. Évidemment, la crise a engendré une baisse très conséquente du chiffre d’affaires. A notre niveau, nous subissons trois impacts :
– D’une part, la mise à l’arrêt de l’événementiel au sens très large. Quand on parle de ce secteur, on fait référence bien entendu aux foires et autres salons mais c’est aussi tout ce qui concerne les événements d’entreprise, des formations, des réunions etc.
– D’autre part, la baisse des budgets de communication.
– Le télétravail puisque le développement de nos agences commerciales s’est fait de façon stratégique dans les quartiers d’affaires historiques des grandes villes, d’abord à Paris puis aussi à Lyon, Lille, Marseille, Nantes ou Strasbourg. Ces mêmes quartiers d’affaires sont remplis aujourd’hui à seulement 40 ou 50 %.

Toutefois, il est important de ne pas oublier que cette crise, comme toute crise, est aussi une opportunité. C’est pourquoi nous avons malgré tout de nombreux projets en cours.

• Vous évoquez vos nombreux projets en cours, pouvez-vous nous en parler ? 

A très court-terme, notre objectif est de retrouver notre niveau d’activité de 2019 en utilisant toutes les accélérations de tendances comme la relation clients à distance très personnalisée, humanisée. Sur cet aspect, nous sommes déjà très impliqués : aujourd’hui, les clients à distance représentent 60 % de notre chiffre d’affaires. Nos équipes en agences sont très mobilisées sur la relation client, mixte à distance et physique, pour répondre à tous leurs besoins. Cette façon de fonctionner, cette complémentarité est la valeur ajoutée de notre proposition clients. Je pense également à l’agilité que nous avons pour proposer différentes solutions aux clients de manière très réactive. Nous souhaitons également profiter de l’apparition de nouveaux produits comme les produits digitaux ; par rapport à cela, beaucoup de secteurs sont en expansion sur notre marché et COPY-TOP est tout à fait en mesure d’être offensif sur ces sujets.

A moyen-terme, notre objectif est de repartir en croissance et de réaccélérer sur les projets de développement freinés avec la crise via la mise en place d’une stratégie crosscanal renforcée afin de tirer profit des interactions et la synergie qui existent entre le web (via le site et le centre d’appels) et les agences. Nous souhaitons également asseoir notre positionnement de marque avec une refonte physique de nos agences commerciales et reprendre les ouvertures de nouvelles agences commerciales.

• Quels sont selon vous les enjeux du marché ? 

Il y a des nouveaux besoins en communication pour les clients. L’enjeu est véritablement, en tant qu’acteur sur le marché, de développer cette agilité pour s’adapter aux nouvelles tendances et aux nouveaux modèles. Peut-être y a-t-il de nouveaux modèles à inventer ? Tous les modèles de type pureplayers ou les espaces partagés par exemple ont construit leurs business models sur des prix bas. Les nouveaux modèles reposeront davantage sur une valeur ajoutée basée sur des services de communication, notamment print et digital. Ces leviers de croissance vont recréer plus de valeur dans le secteur du print et de la communication. Je crois particulièrement à cette complémentarité du print et du digital ; on peut parler de publicité phygitale.

De plus, il faut continuer à tirer profit des nouveautés technologiques des machines de production et de supports qui créent de nouveaux besoins clients. Par exemple, nous avons maintenant des machines permettant de produire des emballages en toutes petites séries ultra personnalisées, dans des délais très courts et avec des prix tout à fait abordables. Est-ce un marché de niche ? Non, car l’emballage est de plus en plus utilisé notamment avec tout le commerce à distance. A prendre en compte également, la baisse de consommation de plastique qui agit au profit du carton recyclé. Il y a également une opportunité dans la décoration : les innovations technologiques permettent d’imprimer sur des supports très variés de toutes petites quantités et ce, toujours de façon très personnalisée créant un marché de renouvellement qui n’existait pas auparavant.

• Que vous apporte la Fédération EBEN ? 

Tout d’abord, la possibilité de pouvoir échanger et dialoguer.

La Fédération représente les intérêts de notre métier pour aider nos entreprises dans leur développement et contribuer à créer un bon environnement sur la partie économique mais aussi la partie sociale. C’est également le moyen d’avoir des outils et espaces de partage comme des conférences ou des réunions d’échanges.

La Fédération a également un rôle de lobbying et pour notre métier, nos savoir-faire et ce, par rapport à toutes les parties prenantes telles que le gouvernement, d’autres fédérations, les écoles, les fournisseurs, les clients…

C’est important parce que nous ne sommes pas seuls. Nous pouvons échanger avec des confrères, avec des acteurs d’autres métiers, d’autres parties prenantes autour de l’entreprise.

• Quel est votre devise ? 

« A tout problème, il y a une solution »

«  Seul, on va plus vite mais ensemble, on va plus loin »

Pour toute question, n’hésitez pas à nous contacter en cliquant ci-dessous :

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