« Il est impératif de structurer notre politique ...

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Nous nous sommes entretenus avec Laetitia Godart, gérante d’EMG 360 ° qui a siégé pendant cinq ans au conseil d’administration de Valdelia*. Elle nous fait part de son expérience et de son point de vue sur les enjeux environnementaux qui se posent aux distributeurs de mobilier de bureau et à l’ensemble du marché. Présentez-nous votre […]

Nous nous sommes entretenus avec Laetitia Godart, gérante d’EMG 360 ° qui a siégé pendant cinq ans au conseil d’administration de Valdelia*. Elle nous fait part de son expérience et de son point de vue sur les enjeux environnementaux qui se posent aux distributeurs de mobilier de bureau et à l’ensemble du marché.

Présentez-nous votre entreprise

Notre entité EMG 360 ° comprend deux activités principales : le design d’espaces tertiaires, création de concept, décoration et architecture d’intérieur, mise à jour de plan technique, création de mobilier… et l’aménagement, l’agencement de bureaux. Ces métiers sont respectivement répartis sur deux structures, Burostyle Conseil et Le Bureau français.
Je me suis par ailleurs associée à mon époux pour ajouter un troisième métier annexe à savoir la maîtrise d’oeuvre. Nous sommes contractant général du second oeuvre. L’entreprise se nomme EMG Agencements. Aujourd’hui, nous faisons donc des prestations à 360 °, de la création d’espace à la livraison et l’installation du mobilier en passant par la gestion de suivi des travaux de chantiers d’intérieur (plomberie, électricité, moquette…).

Pourquoi avoir rejoint la fédération ?

Je suis administratrice à la fédération depuis 2013. A cette époque, Anthony Orsonneau (actuel président de la Commission Mobilier) avait réuni les acteurs de la profession pour parler de problèmes de concurrence déloyale. Un administrateur de la fédération présent nous a proposé de rejoindre EBEN et de nous accompagner dans nos démarches. Ce qui a été suivi d’effets puisque les concurrents déloyaux ont été sanctionnés par la DGCCRF*. J’ai donc rejoint la fédération car cela me permettait de ne pas rester isolée et d’avoir accès à de nombreux services. J’y ai trouvé ma “famille professionnelle”. Les rapports entre administrateurs sont bienveillants, on a de vrais échanges et notre objectif est de faire évoluer le métier dans le bon sens et de proposer tout un panel d’outils adaptés à nos métiers.

Vous avez été administratrice du CA de Valdelia, quel a été votre rôle ?

J’y ai représenté les distributeurs de mobilier car à l’origine, le conseil d’administration n’était composé que de fabricants. La fédération m’a donc demandé d’occuper le siège qui nous avait été accordé. Le rôle du CA est d’établir et de vérifier la mise en marche de la stratégie de Valdelia en conformité avec ce qu’impose le gouvernement pour conserver l’agrément, donc nous y menons un véritable travail de réflexion sur l’avenir de l’éco-organisme, ses actions en cours et à venir. J’ai découvert qu’il existe une véritable concurrence entre les éco-organismes avec ses risques et ses opportunités. Nous avons aussi, bien évidemment, pour responsabilité de valider la gestion globale et comptable : l’emploi des fonds issus de l’éco-contribution, les choix économiques et stratégiques de Valdelia… Notre rôle ne consiste pas seulement en un vote, les échanges sont très importants et l’avis de la fédération a du poids d’autant que nous sommes souvent soutenus par les fabricants qui ne vendent qu’en indirect. Nous apportons aussi notre connaissance du terrain et de ses véritables contraintes ce qui permet à Valdelia de mieux comprendre ce qui est de l’ordre du réalisable pour nos entreprises.

Selon vous, quels sont les enjeux environnementaux pour nos entreprises ?

Il est urgent de les prendre en compte, à tous les niveaux de nos entreprises et de la chaîne de valeurs. Nous subissons encore les exigences de clients qui veulent tout, tout de suite. Nous devons de plus en plus les amener à réfléchir à la question environnementale. Par exemple, en leur expliquant qu’il est préférable de commander 15 à 20 bureaux en une seule fois plutôt qu’un seul tous les quinze jours. C’est aussi la question des emballages, évoquée dans le cadre de Valdelia : quand je vois tout ce que nous jetons, je me dis qu’il y a des choses à faire. Mais aussi la pollution générée par le numérique. A mon petit niveau j’essaie de dire qu’il ne faut pas envoyer des mails pour envoyer des mails. Il faut arriver à structurer une réelle politique environnementale globale et c’est un sujet que doit porter EBEN pour aider nos petites entreprises qui n’ont pas les compétences en interne. Aujourd’hui, nous ne pouvons nous permettre de ne sourcer que des produits éco-conçus car le marché n’est pas suffisamment prêt. C’est donc pour cela que l’enjeu est global et qu’il faut sensibiliser à tous les échelons, du fabricant au client.

Le principe de l’éco-modulation va se mettre en place afin de favoriser les produits éco-conçus, comment l’accueillez-vous ?

Je pense qu’entre un produit étranger ou importé de loin et un produit français éco-conçu de même poids, il n’est effectivement pas normal que le client paie la même éco-contribution. De ce fait, l’éco-modulation va inciter le client à faire un effort. Cela va certainement être un peu plus compliqué à gérer mais il faut aussi admettre que nous sommes tellement habitués à vivre dans notre confort que lorsque cela devient plus difficile, nous préférons râler au lieu de proposer des solutions. Pour aller plus loin, les fabricants devraient même nous communiquer la part réelle des produits qu’ils maîtrisent et fabriquent eux-mêmes car il y a des dérives avec l’utilisation du “made in France”.

 

*Depuis cette année la fédération est représentée par Anthony Orsonneau.


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