Non, le travail n’est pas prêt de disparaître !...

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20171023
Le 4 octobre, EBEN recevait Nicolas BOUZOU économiste et essayiste français, qui a fondé Asterès en 2006, société d’analyse économique et de conseil. Il a également créé le Cercle de Belém qui rassemble des intellectuels européens libéraux et progressistes. Il est régulièrement publié dans la presse française et étrangère. Nicolas Bouzou est l’auteur d’une dizaine […]

Le 4 octobre, EBEN recevait Nicolas BOUZOU économiste et essayiste français, qui a fondé Asterès en 2006, société d’analyse économique et de conseil. Il a également créé le Cercle de Belém qui rassemble des intellectuels européens libéraux et progressistes.

Il est régulièrement publié dans la presse française et étrangère. Nicolas Bouzou est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages dont Le grand refoulement et L’innovation. Le dernier a été publié en septembre 2017 par Les Editions de l’Observatoire sous le titre « Le travail est l’avenir de l’homme ». C’est sur ce thème que nous avons eu le plaisir d’échanger avec M. BOUZOU lors de cette matinale.

La technologie ne tue pas  le travail

À chaque grande vague d’innovation, les hommes s’inquiètent de la possible fin du travail. Beaucoup d’entre nous pensent que le numérique, la robotique et l’intelligence artificielle menacent nos emplois. La théorie de la « destruction créatrice » développée par Joseph Schumpeter a-t-elle encore un sens au 21ème siècle ? Pour Nicolas BOUZOU, ces craintes sont infondées : aucun chômage dans le monde n’est aujourd’hui lié à l’utilisation des nouvelles technologies qui, bien au contraire,  constituent un fantastique vecteur de progrès et d’emplois. Il explique notamment que les pays dans lesquels les usines sont les plus robotisés sont les pays où il y a plus d’emplois.

Des conceptions historiques du travail bien différentes

L’économiste est revenu, durant son exposé, sur les conceptions historiques du travail. Le travail a d’abord été considéré comme un mal. L’homme supérieur était celui qui savait se tenir à l’écart du travail, contrairement aux esclaves dont le seul rôle était de travailler. À partir de l’ère chrétienne, le travail a ensuite été considéré comme quelque chose de positif. Le travail est devenu source de dignité, un moyen pour l’homme de s’élever et d’accéder à la richesse. C’est alors que les premières craintes concernant l’innovation sont apparues. L’innovation était perçue comme une menace pour le travail et les premiers grands empereurs romains vont freiner l’innovation pour ne pas faire disparaître le travail.

Le temps s’est écoulé et les craintes sont restées. Keynes, en 1930, soulignait la possibilité d’un « chômage technologique » parce que « l’on découvre de nouvelles façons d’économiser du travail plus rapidement que de nouvelles utilisations de ce travail ». Mais il assurait également que ce phénomène ne pouvait être que transitoire. L’histoire économique a donné raison, sur ce point, à Keynes et toutes les études, sur le long terme, on démontré que l’innovation est favorable à la création d’emplois.

Mutation du travail plutôt que raréfaction

Le plus probable, c’est que le numérique, la robotique et l’intelligence artificielle vont conduire au plus large phénomène de mutation du travail que l’humanité ait jamais connu. Mais raréfaction et mutation diffèrent fondamentalement.

Source de frictions légitimes, ces périodes d’évolutions, de transformations doivent être soutenues par les acteurs économiques et les pouvoirs publics, notamment pour accompagner la suppression des métiers devenus « obsolètes » et faire émerger des métiers d’avenir. L’économiste rappelle que pour ce faire, « il faut énormément investir dans la formation professionnelle pour permettre aux personnes concernées de se former à de nouvelles activités ».

Il est nécessaire de « faire du travail humain une question intellectuelle et politique prioritaire, et de trouver enfin le courage de réformer en profondeur notre marché du travail et notre système de formation qui, pour Nicolas BOUZOU, sont seuls coupables du chômage de masse que connait la France. »

 

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