Augmenter l’humain

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03 Déc. 2019

L’intelligence artificielle n’est plus un concept ni une invention, elle est devenue une innovation c’est-à-dire qu’elle est entrée sur le marché sous diverses formes. Faire la transition entre la bonne idée et l’idée de valeur est une spécialité de notre partenaire Xerox qui depuis 50 ans invente et innove grâce à son centre de recherche de Palo Alto, le PARC. Entretien avec Elisabeth Rochman, Directrice de l’Innovation.

Sur ce schéma de Xerox intitulé "Le futur de l'IA au bureau, de l'assistant au collègue ?", on peut voir une courbe ascendante en terme de complexité de la technologie. Elle représente l'évolution de l'intelligence artificielle au travail et son évolution dans l'accompagnement de l'humain. Ce graphique propose quatre étapes : de l'outil de productivité utilisé à l'initiative de l'humain au véritable collègue que devient l'IA en passant par les routines qui automatisent les flux métiers.

Quelle est votre rôle chez Xerox ?

Ma mission se situe au-delà de nos offres de cœur de métier. Nous avons deux horizons : le “growth“ c’est-à-dire les marchés adjacents, les offres que l’on voudrait lancer d’ici deux ans et les “futures” ce qu’on lancerait d’ici trois à cinq ans. Je fais donc le lien entre les technologies développées, les solutions en incubation dans nos laboratoires et nos clients et partenaires européens. Je récupère leurs feedbacks pour co-innover avec eux sachant que nos concessionnaires aussi innovent. Par ailleurs, mon équipe et moi-même apportons égalment nos propres idées.

Parlez-nous du PARC

Le centre de recherche a été créé en 1970 pour inventer le “bureau de demain”. Il n’existait alors ni ordinateur personnel ni imprimante, juste les photocopieurs. Nous souhaitions nous diversifier. Pendant 50 ans nous avons inventé et mis sur le marché des innovations comme le premier ordinateur individuel ou l’interface graphique (la souris, les fenêtres). Aujourd’hui, nous sommes sur des sujets qui tournent autour de l’IA, l’IoT et la réalité augmentée pour continuer à inventer “le bureau de demain”. Notre défi c’est de pouvoir mettre ces idées sur le marché ; là est le passage de l’invention à l’innovation.

Que fait le PARC en matière d’IA et quelle est sa philosophie ?

Pour nous, ce qu’il va se passer est très positif car on le voit plutôt comme de la technologie qui va augmenter l’humain. Je le vois comme une évolution en quatre phases. Aujourd’hui, l’homme fait appel aux outils de productivité, il fait la démarche, comme demander à son multifonction la traduction d’un document ou encore, à l’image de ce que nous allons bientôt lancer, une application qui, sur demande, rédigera un premier brouillon de réponse à un appel d’offres et rassemblera aussi tous les documents nécessaires. La deuxième étape c’est d’automatiser les flux de travail, on le fait déjà, par exemple, dès qu’un document arrive en anglais, il est automatiquement traduit. Nous sommes maintenant en train de développer des assistants personnels qui prendront les initiatives, proposeront et seront proactifs. Enfin, le futur du futur sera, en tout cas c’est ma vision, lorsque nous n’aurons plus rien à faire et que nous ne serons plus que des managers d’agents intelligents. L’IA apprendra en fonction de nos feed-back et sera capable de prendre des décisions.

Dans quelle mesure vos solutions font-elles appel à l’IA ?

Chez Xerox, nous nous plaçons à l’intersection entre le physique et le digital. Cela se voit au travers de nos multifonctions dans lesquels, on peut mettre un document papier pour en tirer sa version audio. Mais également, dans l’espace physique du bureau, à travers la présence de nouvelles formes de capteurs imprimés. Nous utilisons notre technologie d’impression et notre connaissance des encres conductives. Nous imaginons cela comme des stickers que l’on collera partout dans une salle pour analyser la température, le bruit, la luminosité, le nombre de personnes… afin que l’espace puisse se reconfigurer par lui-même en fonction de ces données. En associant IA et IoT, on arrive à des espaces « intelligents ».
Nous combinons aussi l’IA des systèmes experts celle qui ne nécessite que du code, des règles du type “si… alors…” et l’IA émergente “machine learning” qui, au contraire, ne nécessite pas de règle mais beaucoup de données. En associant les deux, nous arrivons à créer un système moins gourmand en données mais qui reste très performant.

De ce fait et avec le tarissement de l’impression papier, comment vont évoluer les MFP ?

Dans The Future of Everything, Patrick Dixon explique que l’on apprend mieux sur papier que sur écran. Néanmoins, on assiste bien à un tarissement des impressions papier. Un jour, les gens iront moins au bureau, c’est moi-même déjà mon cas et n’ayant pas de multifonction sous la main j’utilise mon téléphone ou mon ordinateur pour accéder aux outils applicatifs. Ceux-ci vont donc à terme se déplacer vers le cloud et nous n’aurons plus besoin de MFP pour les utiliser. Il faut que nos concessionnaires réfléchissent aux nouvelles formes de services digitaux tout en faisant toujours le lien entre le physique et le digital. Le multifonction est la passerelle entre les deux. Il ne va donc pas disparaître mais il va se raréfier notamment dans le monde du bureau. Par contre, des machines vont apparaître chez les grands imprimeurs qui auront besoin de plus en plus d’imprimantes ou de grosses presses pour pouvoir personnaliser, rendre le packaging plus attirant, plus « vert » et peut-être plus intelligent, avec des encres conductives par exemple. Ils auront peut-être aussi de plus en plus de besoin en impression de pièces en 3D.

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